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Malaise dans le travail

Certaines personnes ne connaissent pas le bien-être au travail car ils sont ou ont été victimes de maltraitances voir de harcèlement moral au travail.

Malaise dans le travail, harcèlement moral :

démêler le vrai du faux.
Suite à la publication en 1998 de son livre « Le harcèlement moral, la violence perverse au quotidien », Marie-France Hirigoyen a reçu de très nombreux témoignages écrits, adressés par des victimes de harcèlement moral, et a mené une enquête. Elle analyse dans ce livre ce qu’est la notion de harcèlement moral.
Pour parler du harcèlement moral, je me suis donc inspiré de ce livre, qui permet de comprendre ce qu’est une situation de harcèlement moral de ce qui n’en est pas une et comment cela se met en place.
Définition du harcèlement moral
« Le harcèlement moral au travail se définit comme tout conduite abusive (geste, parole, comportement, attitude) qui porte atteinte, par sa répétition ou sa systématisation, à la dignité ou à l’intégrité psychique ou physique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat de travail« .
Ce qui n’est pas du harcèlement moral
• Le stress professionnel : même si la personne est accablée de travail dans de mauvaises conditions car il n’y a pas de malveillance, ni intention de nuire.
• Le conflit : les reproches sont exprimés et on tente de résoudre le problème.
• La maltraitance managériale : certain dirigeant caractériel font subir une pression terrible à tous les salariés mais c’est collectif.
• Les agressions ponctuelles : C’est un acte de violence mais qui n’est pas répétitif.
• Les mauvaises conditions de travail : un bureau étroit, mal éclairé avec un mauvais siège n’est pas du harcèlement sauf si un seul salarié est dans ce cadre.
Ce qu’est le harcèlement moral
Le harcèlement moral apparaît quand la personne visée perçoit de la malveillance et une intention de nuire à son égard : isolement, refus de communication, critique méchante, humiliation publique, insulte, violence. On empêche la personne de faire son travail dans le but de se débarrasser d’elle, de l’obliger à démissionner.
Ce qui est terrible dans tous les témoignages, c’est que la personne se demande : « qu’est-ce que j’ai fait pour que l’on me veuille autant de mal ? » Elle ne comprend pas ce qui lui arrive car le but du harcèlement moral est de paralyser la victime pour qu’elle ne puisse plus se défendre et tombe malade.
Quelles sont les raisons qui poussent au harcèlement moral ?
1- Le refus de la différence. On est mis à l’écart parce qu’on n’est pas comme les autres : on dérange, on n’est pas assez performant, on fait trop de zèle. Le but du harcèlement sera de casser ou de se débarrasser des individus qui ne seront pas conforme au système.
2- L’envie, la jalousie, la rivalité. On n’accepte pas l’autre parce qu’il est meilleur que soi. Le harcèlement arrive souvent quand une personne se retrouve sous les ordres d’un hiérarchique jaloux de son subordonné. Comment supporter quand on n’est pas sûr de soi de travailler avec quelqu’un plus qualifié et plus performant.
3- La peur. C’est un élément moteur car c’est par la peur que l’on devient violent : on agresse l’autre pour se protéger d’un danger car l’autre est considéré comme un ennemi potentiel et on va donc le harceler pour se débarrasser de lui.
4- Quand on n’adhère pas au mode de fonctionnement de l’organisation. Si vous refusez de vous conformer à certains comportements opérés par les autres salariés (délits), le groupe va se liguer contre vous, plus personne ne vous parle, on vous menace et vous craquez.
Comment se met en place le harcèlement moral
L’agresseur va blesser l’autre par divers procédés :
1- L’isolement : Le harcèlement est une pathologie de la solitude, on vise en priorité les personnes isolées qui sont des proies faciles car elles n’ont pas d’allié : femme seule avec des enfants à charge, une personne en situation précaire qui a peur de perdre son emploi. L’agresseur va isoler la personne ciblée pour qu’elle ne puisse pas se plaindre à ses collègues, le silence se fait autour de la personne, les autres sont gênés et ne s’en mêlent pas.
2- Le travail : on accable la personne de travail, on lui donne des objectifs impossibles sans lui donner les moyens de s’en sortir. La personne va commettre des erreurs, elle va être déstabilisée et finir par croire qu’elle est incompétente. On peut aussi ne plus donner de travail à quelqu’un.
3- l’intimité : l’agresseur évite les reproches professionnels pour viser l’intime, là ou cela fait mal, on s’attaque aux points faibles personnels, la personne n’a plus confiance en elle.
4- La perte de sens : la personne est mise de coté, maltraitée ou humiliée par ses collègues ou par un supérieur sans qu’elle ait les moyens de comprendre pourquoi, sans qu’on lui explique ce qu’on lui reproche. La personne tombe malade, elle est licenciée sans motif réel, elle est traumatisée et ne s’en remet pas.
En général, l’entourage professionnel se désolidarise, même si la personne essaie de modifier son comportement, le processus se poursuivra jusqu’à l’élimination. L’agresseur, lui, sera dans le déni, il refuse de porter la responsabilité : c’est la personne visée qui invente ses plaintes, qui est difficile, caractériel ou hystérique. C’est ce qui est le plus traumatisant pour les victimes : la non reconnaissance par l’agresseur de ses agissements hostiles car la personne restera dans la culpabilité.
Pourquoi c’est du harcèlement moral
1. C’est intentionnel : c’est dans le but de nuire, d’éliminer quelqu’un volontairement.
2. Le harceleur est conscient qu’il agresse : cela peut être plus fort que soi, on ne peut pas s’empêcher de blesser l’autre. Parfois, on obéit à la hiérarchie pour faire partir une personne.
3. Les individus qui communiquent mal ou sont mal éduqué : ils blessent les autres par leur manque de considération et cela peut être vécu comme du harcèlement moral.
4. Les individus qui manipulent délibérément pour éliminer quelqu’un qui fait obstacle à leur progression.
Qu’est ce qui favorise le harcèlement moral
Pour cette enquête, 350 questionnaires ont été envoyés aux personnes ayant témoigné de leur harcèlement moral. Les réponses ont permis d’analyser certaines caractéristiques.
1- L’âge : la moyenne d’âge des victimes est de 48 ans. Les jeunes subissent plus d’abus de pouvoir que de harcèlement moral. Les plus de 50 ans sont jugés comme moins performant ou pas assez adaptables et si ces personnes ont fait carrière dans la même société, un nouveau chef ou un nouveau dirigeant préférera se débarrasser des anciens qui représentent le passé de l’entreprise.
2- Le sexe : 70% pour les femmes – 30% pour les hommes. Les femmes qui refusent les avances d’un collègue ou d’un supérieur ou celles qui sont harcelées pour les empêcher d’accéder à un poste à responsabilité.
3- Le harcèlement discriminatoire : la discrimination est interdite par la loi mais devient du harcèlement :
1. pour des motifs raciaux ou religieux
2. en raison d’un handicap ou d’une maladie
3. en fonction des orientations sexuelles
Qui sont les victimes du harcèlement moral
N’importe qui peut être victime, il n’y a pas de profil type mais il y a des spécificités.
1- Les personnes atypiques : un des éléments déclencheurs est le fait d’être différent des autres.
2- Les personnes qui sont trop compétentes ou qui prennent trop de place : elles risquent de faire de l’ombre à un supérieur ou à un collègue. « l’incompétence est une menace pour soi-même, la compétence est une menace pour les autres« .
3- Les personnes qui résistent au formatage : ceux qui sont trop scrupuleux, trop rigides et qui ont des difficultés d’adaptabilité au groupe, celui qui pointe les erreurs des autres.
4- Les personnes qui ont fait de mauvaises alliances, qui étaient protégés et se retrouve fragilisés quand ils se retrouvent seuls.
5- Certains types de salariés : les représentants du personnel, les personnes de plus de 50 ans, les femmes enceintes.
6- Les victimes innocentes : quand il y a trop de tension ou de rivalité dans une structure, on va trouver un bouc émissaire qui va servir à évacuer l’agressivité. Ainsi déchargé, le groupe pourra mieux fonctionner.
Qui sont ceux qui vont le plus souffrir du harcèlement moral
1- Ceux qui ont une mauvaise estime de soi seront plus sensibles que les autres. Harceler moralement quelqu’un c’est pointer ses faiblesses, ses défaillances jusqu’à ce qu’il se sente coupable et qu’il perde confiance en lui. Ceux qui ont développé une bonne image d’eux-même par le travail seront plus déstabilisés que ceux qui se sont épanouis ailleurs.
2- Ceux qui ont un besoin de reconnaissance exacerbé ou qui sont trop investies : le travail joue un rôle dans la structuration d’une personne, on aime être estimé, apprécié par son travail mais certaines personne s’identifient à leur fonction et seront vulnérables aux critiques professionnelles. La gravité du traumatisme sera d’autant plus important lorsqu’il y avait un investissement affectif dans le travail car ces personnes existaient par leur travail.
3- Les sensitifs : ceux sont les timides, les hyperémotifs, les sensibles et les anxieux qui réagissent de façon exacerbé aux agressions de la vie, elles présentent un terrain propice au harcèlement car ces personnes ressentent les humiliations plus que les autres.
Quelles sont les méthodes de harcèlement moral utilisées
Selon l’enquête, il y a 4 types d’agissements hostiles :
1- Par l’isolement dans 58% des cas. Le procédé consiste à mettre la personne à l’écart, on ne lui parle plus, on l’ignore. C’est un procédé difficile à prouver car l’agresseur va nier qu’il ne communique plus avec la victime et l’entourage va adopter le même comportement par peur.
2- Par l’atteinte à la dignité dans 56% des cas. Ce sont des moqueries, des gestes méprisants, des humiliations qui viennent souvent des collègues malveillants et les victimes sont tenues pour responsables en invoquant leur susceptibilité.
3- Par les atteintes aux conditions de travail dans 53 % des cas. On met la personne ciblée en difficulté afin qu’elle se retrouve incompétente : on la met en faute, on lui adresse des reproches, on critique sans cesse son travail. Ce type de harcèlement vient souvent de la hiérarchie pour se débarrasser de quelqu’un mais les procédés sont subtils et la malveillance est difficile à prouver car on se retranche derrière l’intérêt de l’entreprise.
4- Par la violence verbale, physique ou sexuelle dans 31% des cas. On menace, on agresse la victime qui apparaît comme paranoïaque, ses plaintes ne sont pas entendues et les témoins sont souvent terrorisés.
Dans quels secteurs le harcèlement moral est-il plus spécifique
Le harcèlement prédomine dans le secteur tertiaire, le secteur médico-social et l’enseignement. La répartition entre le secteur privé et le secteur public est identique mais prend des formes différentes.
Dans le privé, le harcèlement est plus brutal et dure moins longtemps mais se termine par le départ de la personne. Dans le public, le harcèlement peut durer plusieurs années car les personnes ne peuvent pas être licenciées à moins d’une faute grave. Les méthodes de harcèlement vont être plus pernicieuses et aboutissent à des résultats dramatiques sur les victimes qui ne peuvent s’échapper ni par une démission, ni par un licenciement.
Les conséquences du harcèlement moral sur la santé
1- Stress et anxiété : lorsque le harcèlement se met en place, le corps de la victime tente de faire face à cette situation et des troubles fonctionnels vont apparaître : fatigue, nervosité, troubles du sommeil, troubles digestifs, douleurs musculaires.
2- Dépression : lorsque le harcèlement se poursuit dans le temps, un état dépressif peut s’installer, la personne harcelée se sent dévalorisée, coupable de ne plus être à la hauteur.
3- Troubles psychosomatiques : le corps enregistre l’agression avant que le cerveau comprenne ce qui se passe. On assiste à des prises ou à des pertes de poids, des troubles digestifs, des troubles endocriniens, de l’hypertension artérielle, des malaises, des vertiges, des maladies de peau. Toutes les personnes harcelées vont petit à petit développer une dégradation de leur état de santé et les mener à un arrêt de travail.
Les conséquences du traumatisme du harcèlement moral
Après plusieurs mois de harcèlement, les traces sont indélébiles allant du stress post-traumatique, à la honte ou à une modification de la personnalité. La victime portera une cicatrice psychologique qui la fragilise et l’amène à vivre dans la crainte et à douter de tout.
1- Le stress post-traumatique : le corps garde en mémoire les agressions. Les victimes ressassent sans arrêt les circonstances de leur exclusion, elles cherchent à donner du sens à ce qui leur est arrivé car les situations vécues sont inimaginables et elles ont du mal à mettre des mots sur leur souffrance.
2- La désillusion : le harcèlement moral use et les personnes perdent leur illusion et leur espoir car souvent elles avaient sur investi dans leur travail.
3- La réactivation des blessures du passé : parfois les agressions viennent réveiller des blessures vécues avec un parent ou dans un autre travail.
Mais il y a aussi des conséquences spécifiques au harcèlement moral :
1- La honte et l’humiliation : c’est ce qui prédomine. La honte explique la difficulté des personnes à s’exprimer, honte de n’avoir pas su ou pu faire ce qu’il fallait pour stopper le processus, honte d’avoir eu à faire face à des agressions sans pouvoir réagir.
2- La perte de sens : on empêche la victime de travailler, on l’empêche de comprendre, d’analyser, on la paralyse.
3- Modifications physiques : le harcèlement peut provoquer une destruction de l’identité et modifier le caractère d’une personne. Quand on est victime, on a une agression contre laquelle on ne peut pas lutter, la personne est écrasée.
Qui sont les agresseurs
Il n’y a pas non plus de profil psychologique type mais certaines personnalités sont plus disposées que d’autres à la maltraitance et peuvent basculer dans le harcèlement moral.
1- Les mauvais manager : Ceux qui ne savent pas diriger, qui manquent d’assurance, qui ne savent pas communiquer, qui n’ont pas appris à respecter les autres. Ce sont des individus détestables mais à la base, il n’y a pas de malveillance.
2- Les personnes atteintes de troubles psychiatriques : elles ont des phases maniaques qui les amènent à maltraiter les autres sans en avoir conscience.
3- Les angoissés : ceux qui répercutent sur les autres la pression qui leur est imposée. Ils paniquent et houspillent les salariés.
4- Les anxieux névrotiques : ce sont des individus qui transmettent sur les autres les peurs et les humiliations qu’ils ont eux-même vécues. Cela se manifeste par des conduites de sarcasme, de rejet. C’est la haine de soi qui mène à la haine d’autrui.
5- Les dirigeants caractériels : ceux qui se comportent en tyran car ils ont le pouvoir et ils humilient les salariés.
6- Les chefs paranoïaques : Ceux qui savent tout mieux que les autres, qui contrôlent tout, veulent dominer et ne font pas confiance.
7- Les personnalités obsessionnelles : ces individus ont un immense besoin de maîtrise, ils sont souvent têtus, obstiné et font preuve d’un autoritarisme rigide.
8- Les personnalités narcissiques : ce sont des personnalités fragiles qui ne s’aiment pas, qui doivent à tout prix réussir et être admirés. Ils sont en permanence sur la défensive car ils ont peur d’être jugés et d’être mis en échec. Ils vont alors projeter leur frustration sur quelqu’un pour le contrôler, le dévaloriser et le rabaisser.
9- Les pervers narcissiques : ce sont les pires et ils sont des agresseurs malveillants car ils établissent avec les autres des relations fondées sur les rapports de force et vont dominer ou détruire tous ceux qui seront une menace pour leur pouvoir. La plupart des pervers narcissiques ont été maltraités dans leur enfance. Ceux sont des individus qui savent très bien faire leur chemin dans les entreprises ou les administrations car ils sont habiles et séducteurs.
Que faire dans une situation de harcèlement moral
Selon l’art 1152-1 du Code du travail :
» Aucun salarié ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation de ses conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d’altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel.«
Comme montré ci-dessus, le harcèlement moral est très subtil et ne consiste pas aux simples agressions verbales de votre chef ou de vos collègues. La première étape sera donc de prendre conscience de la situation de mal-être, d’identifier son origine et de repérer si vous êtes visé ou non par un harcèlement moral.
Il est clair que si vous êtes victime d’un harcèlement moral, vous ne pourrez pas vous en sortir seul car souvent la personne prend conscience trop tard qu’elle est harcelée et se retrouve fragilisée par sa souffrance.
Vous devez donc :
réagir très rapidement avant d’être paralysé,
rester vigilant pour ne pas vous mettre en faute,
chercher des interlocuteurs compétents qui vous écouteront afin d’analyser la situation :
soit en interne : collègues, représentants du personnel, DRH, médecin du travail, CHSCT.
soit en externe : thérapeute, avocat, inspection du travail, médécin.
Il est difficile de prouver que la dégradation de vos conditions de travail et de votre santé est due à un harcèlement moral. Vous devrez donc clairement établir la répétition de faits précis générateurs d’un état dépressif médicalement constaté.
Par conséquent, vous devrez tenir un cahier de bord dans lequel vous noterez de manière très détaillée au jour le jour, heure par heure, les faits, les paroles et les actes de harcèlement, ainsi que le nom de témoins. Conservez les e-mails, les courriers et même les SMS incriminant. Si vous enregistrez votre harceleur à son insu, sachez que cette pratique sera uniquement reconnu au pénal mais pas devant les Prud’hommes. Si vous êtes mis au placard dans un bureau vide, vous pouvez prendre des photos comme preuve.
Pour vous aider :
• La FNATH, association des accidentés de la vie est là pour vous aider, vous écouter, vous conseiller et vous défendre. C’est un réseau de juristes spécialisés assurant des permanences partout en France pour faire valoir les droits des adhérents.

Par tonton le 19 décembre, 2014 dans Articles thématiques

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