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27 août, 2011

Hyper n° 361

 

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Par tonton le 27 août, 2011 dans Au magasin
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19 août, 2011

Crise : l’autre stratégie pour en sortir

Equité sociale, maîtrise de la finance, réhabilitation du rôle des Etats… C’est le modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu’il porte atteinte à leurs intérêts.

Par Laurent Joffrin

 

Il y a dans cette crise une vaste entourloupe en cours, masquée par le tumulte des marchés et la noria des réunions d’urgence : les idées qui nous gouvernent depuis trente ans s’effondrent sous nos yeux, mais ceux qui les défendent sont toujours en place et font prévaloir leurs vues.

Dans le brouillard de l’événement, sous les apparences de la dure nécessité, les féodalités financières et les classes dirigeantes imposent progressivement aux gouvernements un programme de fer qui préserve leurs intérêts, alors même que leur influence sur la planète apparaît maintenant à tous pour ce qu’elle est : une désastreuse sacralisation de l’argent fou.

D’expédients en mesures transitoires, de replâtrage en improvisation, les gouvernements conscients des enjeux mais incapables de s’unir sur une stratégie se dirigent lentement vers les solutions préconisées par les maîtres de l’argent : maintien du pouvoir des marchés, refus des réformes de structure de la finance et de la banque, coupes dans les dépenses publiques pour rembourser la dette. Autrement dit, protection des possédants et austérité pour les peuples.

On concède une mesure d’équité, on annonce de courageuses réformes pour plus tard, on trouve ici une rustine nouvelle ou là une béquille de fière apparence. Mais, en fait, les dogmes les plus usés sont toujours actifs : moins d’Etat, moins d’impôts, moins de salaires, plus de bonus. Le système financier qui a conduit la planète à la plus grande crise depuis 1929 restera en place.

Pourtant d’autres solutions existent, qui n’ont rien de farfelu ni de démagogique, avancées par des forces politiques importantes et par des experts reconnus.

Elles sont diverses, parfois contradictoires, elles émanent de courants idéologiques variés et ne sont pas toujours réunies dans un plan opérationnel et cohérent. Mais en les examinant sérieusement, on peut dégager une stratégie alternative à celle du monde de la finance, stratégie qui demande elle aussi des efforts, qui comporte sa part de risque, mais qui a le mérite de satisfaire à la fois à une meilleure équité et de tenir compte du nouvel état de la planète.

La première en urgence consiste, selon l’expression consacrée, à « monétiser les dettes souveraines« , c’est-à-dire à financer une part des dépenses de l’Etat avec des prêts consentis par la Banque centrale européenne. Techniquement, la BCE déciderait d’acheter aux Etats les obligations qu’ils émettent pour se financer. Autrement dit, au lieu d’emprunter sur les marchés, les Etats emprunteraient auprès de la Banque, qui accorderait des conditions plus favorables. Comme la BCE achète ces titres en créant de la monnaie, on parle de « monétiser la dette ».

Economiste chez Natixis, un temps conseiller du PS, Patrick Artus en est l’opiniâtre avocat. Sous des formes variées, on retrouve cette proposition dans le discours de la gauche américaine ou encore chez les experts du mouvement vert ou chez les économistes critiques. Certes, l’innovation risquerait de conduire Jean- Claude Trichet, le président de la BCE obsédé par le risque inflationniste, à une immolation par le feu. Mais elle soulagerait les finances publiques, elle rassurerait les créanciers, certains d’être remboursés, et elle éviterait aux peuples une austérité socialement insupportable.

Les orthodoxes, bien sûr, crieront au scandale. Les crédits ouverts sont autant de liquidités nouvelles. On crée de la monnaie ? Voici revenu le spectre horrifique de la planche à billets et de l’inflation ! Sauf qu’Artus a depuis longtemps répondu à cet argument : il y a inflation si les liquidités nouvelles créent, par excès de la demande sur l’offre, des tensions sur les marchés de biens et de services qui pousseraient les prix vers le haut. En période de récession ou de croissance lente, cette éventualité est improbable : une partie des capacités de production est inemployée ; si la demande augmente, l’offre peut suivre sans tension sur les prix.

Il y a un risque ? Certes. Mais rappelons que l’autre solution, celle des banquiers, consiste à exiger une livre de chair des classes moyennes et populaires et à programmer une récession de plusieurs années, qui ruinera encore plus sûrement les finances publiques, comme on le voit en Grèce…

Cette médication de court terme, dont il faut évidemment user avec prudence, permettrait seulement d’amortir le choc de la dette. Elle devrait être relayée par une réforme fiscale audacieuse, qui permettrait d’accroître la contribution des classes riches, si longtemps favorisées par le reaganisme planétaire, et assurerait aux Etats les moyens de faire face à leurs engagements. Là aussi les propositions existent. On en trouve de fort judicieuses chez Obama ou encore dans les projets des candidats socialistes à l’élection présidentielle française. Berlusconi soi-même vient de taxer un peu plus les riches… C’est le sabotage politique des conservateurs – les Tea Party américains par exemple – qui empêche leur mise en oeuvre. Ces mesures devraient évidemment être couplées avec une réforme des marchés financiers : séparation entre banques de spéculation et banques civilisées, réduction des paradis fiscaux, taxation légère des transactions financières dont on parle depuis vingt ans sans jamais rien faire, etc.

Tout cela débouche sur un modèle de développement différent : équité sociale, maîtrise de la finance, promotion de l’industrie et de la technologie sous contrainte écologique, réhabilitation du rôle des Etats démocratiques, seuls légitimes à décider d’une stratégie collective. Un modèle dont les puissants ne veulent pas, parce qu’il porte atteinte à leurs intérêts. Ainsi le destin des peuples se joue peut-être dans leur dos, dans la torpeur de l’été, au fil des discussions discrètes qui réunissent politiques et représentants de l’oligarchie. Laissera-t-on faire ?

Par tonton le 19 août, 2011 dans Chez nous, en France
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18 août, 2011

Dimanche payé Triple? Faux

 

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Par tonton le 18 août, 2011 dans Au magasin
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Le bisphénol, après le A, le S

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Le bisphénol A a été retiré des tickets de caisse pour du bisphénol S. Mais cette substance pourrait bien être aussi nocive que la première.
Faudra-t-il saisir nos tickets de caisse avec des gants? Remplacer le bisphénol A, un perturbateur endocrinien, par du bisphénol S n’est pas forcément une bonne idée, met en garde le député maire PS Gérard Bapt dans un courrier aux enseignes Carrefour et Casino.
Dans cette lettre adressée aux PDG des deux enseignes, le député maire de Saint-Jean, en Haute-Garonne, président du groupe « Santé environnementale » de l’Assemblée nationale, indique qu’il s’était réjoui qu’elles aient supprimé le bisphénol de la composition des tickets de caisse, après la parution de l’étude de l’Inra de Toulouse montrant que le bisphénol A pouvait migrer dans la peau à partir de ces reçus.
Le bisphénol A, ou BPA, est un perturbateur endocrinien connu qui peut retentir sur le développement de l’enfant et la reproduction. Les biberons contenant du BPA sont d’ailleurs interdits dans l’Union Européenne. Mais, poursuit-il, « une information diffusée par la Radio Suisse Romande vient d’expliquer que votre enseigne, qui avait médiatisé votre initiative de santé, avait remplacé le bisphénol A (BPA) par le bisphénol S (BPS) ». Or, relève-t-il, le BPS a fait l’objet de beaucoup moins d’études que le BPA.
Selon deux études japonaises réalisées en 2005 et 2006, même à moindre degré, le BPS est aussi « un perturbateur endocrinien » (des hormones, ndlr) et se dégrade « beaucoup plus lentement que le BPA dans les milieux aquatiques », étant donc « plus persistant dans l’environnement ».
Gérard Bapt, qui est médecin, leur « suggère » donc de rechercher un autre procédé chimique pour l’impression des tickets de caisse, « en utilisant des substances ayant déjà fait l’objet d’études scientifiques en terme de dangerosité ». D’ici là, il préconise d’éviter que les caissières susceptibles d’être enceintes manipulent les tickets de caisse, de la même façon que les femmes enceintes doivent éviter les contenants alimentaires comportant du bisphénol (canettes, conserves, bouteilles…).

Par tonton le 18 août, 2011 dans Au magasin
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12 août, 2011

Tous ruinés dans dix mois?

 

finance.jpg Les marchés ne laissent aucun répit aux peuples aussi longtemps que les hommes politiques ne se conduisent pas en hommes d’Etat.
Cette vieille loi, valable depuis des siècles, est aujourd’hui d’une cruelle actualité.
Il ne sert a rien de refaire l’Histoire ; de répéter que si les décisions prises au dernier sommet européen l’avaient été 18 mois plus tôt , il n’y aurait pas de crise de l’euro aujourd’hui, car l’eurozone disposerait de l’outil technique et de l’arme juridique pour contrer la spéculation. En particulier, les banques ne pourraient plus, en même temps et au sein du même établissement, constater des pertes sur les emprunts d’Etat d’un pays et vendre à découvert ces mêmes obligations.
Il est désespérant d’avoir à répéter qu’existe aussi une solution aux problèmes structurels de l’Eurozone ; une solution que beaucoup proposent depuis des années: la mutualisation d’une part plus grande de la TVA entre pays de l’Union , pour financer le service d’eurobonds émis par une entité ad hoc de l’euro zone. Ces eurobonds pourraient utilement se substituer à une partie des dettes nationale et permettre à l’Europe de réinventer son avenir industriel, entrepreneurial et technologique ; et de rembourser sa dette par la seule manière raisonnable, la croissance . Cela ne dispenserait pas d’effort les pays les plus endettés ; c’est à leur portée : il suffirait par exemple de taxer pendant dix ans de 1,5% la fortune privée des Italiens ( qui est, en proportion, près de 25% supérieure a celle des autres européens) pour faire disparaître la dette publique de ce pays.
Seulement voilà: les dirigeants européens, sous l’influence de groupes de pression a courte de vue, et incapables de penser la politique hors des exigences de la finance, n’ont pas cru à la gravite de la dynamique en marche depuis la fin de 2007. Ils se sont contentés de naviguer au plus près, d’illusoires sommets européens en G20 de pacotille , repoussant les échéances par des mesures minuscules et de déclarations contradictoires.
S’ils ne veulent pas rester dans l’Histoire comme les fossoyeurs de l’euro, et de l’Union, les dirigeants européens doivent agir très vite. Ils doivent convoquer un nouveau sommet de l’eurozone, qui décidera enfin de ce pas nécessaire vers le fédéralisme en Europe. Et qui, en attendant que cela puisse entrer en vigueur, après le vote des parlements nationaux, qui devront pour cela être convoqués au plus tôt, autoriserait la BCE à défendre la valeur de l’euro et la liquidité du système bancaire par tous les moyens a sa disposition, même les moins orthodoxes.
S’ils ne le font pas, ou s’ils ne réussissent pas à convaincre leurs partenaires de le faire avec eux, les événements continueront de s’enchaîner vers le pire. Ceux qu’on accusait, il y a peu encore, de pessimistes, passeront alors pour de doux rêveurs. En particulier, dans ce cas, les élections présidentielles françaises se dérouleront dans un contexte de débandade, de remise en cause de l’existence même de l’union et d’une récession plus grave encore que celle de 2008.
Alors, les peuples rappelleront à ceux de leurs dirigeants qui n’auront pas su maintenir l’Europe comme la région économique la plus riche et la plus prospère du monde la dimension tragique de l’Histoire.

Texte de : Jacques Attali

Par tonton le 12 août, 2011 dans Chez nous, en France
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1 août, 2011

Tête de gondole

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Chez Carrefour, au rayon des mauvaises surprises.

Les actionnaires de Carrefour doivent se sentir aussi déconcertés qu’un consommateur perdu dans l’une des vastes grandes surfaces du distributeur français”, plaisante The Economist, bible des milieux d’affaires britanniques. “Au cours des deux années écoulées, l’entreprise a esquissé de multiples stratégies pour redresser le cours de ses actions. Elle s’est séparée de ses actifs sur les marchés émergents, a diversifié ses activités pour ensuite les abandonner aussi vite. Les profit warnings ont gagné en épaisseur et fréquence”, détaille l’hebdomadaire.

Dernière mauvaise surprise en stock: la fusion avortée avec Grupo Pão de Açûcar (GPA), le premier distributeur brésilien. Casino, qui détient 43,1 % de GPA y a mis le holà. Et ce ne sont pas les nouvelles venues de France qui mettent du baume au cœur des actionnaires. “Le groupe vient d’annoncer que son résultat opérationnel courant avait subi une baisse de 23 % au cours du premier semestre 2011, en raison principalement des piètres performances de ses hypermarchés français (la France compte pour 44 % des ventes du groupe)”, poursuit l’hebdomadaire londonien. Entre autres, Carrefour paie des erreurs à l’étiquetage : “Il a répercuté la hausse du prix des matières premières plusieurs mois avant ses concurrents, comme Leclerc ou Intermarché, et il a perdu des parts de marché.” Pour rebondir, le distributeur mise tout sur son programme Carrefour Planet. Il s’apprête à dépenser 1,5 milliard d’euros sur deux ans pour réaménager cinq cents de ses hypermarchés de par le monde. Ces structures relookées, commercialisent peu de produits en dehors de l’électronique et du textile, mais salons de coiffure et garderies, entre autres services, sont proposés aux consommateurs.“Les premiers résultats ont été bons, mais pas prodigieux, évalue The Economist.

Si cette stratégie ne parvient pas à donner un second souffle aux hypermarchés français de Carrefour d’ici à la fin de 2012, certains investisseurs demanderont que le groupe soit traîné au rayon charcuterie pour y être découpé en morceaux.”

Par tonton le 1 août, 2011 dans Chez nous, en France
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